LAUDEM, l'association des musiciens liturgiques du Canada

Activités - Archives

Compte-rendu

Journée d’étude 2007 de LAUDEM

Autour de la Passion du Seigneur et du Chemin de la Croix

Suite à la journée d’étude de 2006, dédiée à la Vigile pascale, les membres de Laudem et leurs invités se sont retrouvés le 8 octobre, jour de l’Action de grâce, afin d’approfondir la célébration du Vendredi Saint dans ses rites et ses musiques.

La présidente de LAUDEM, Hélène Dugal, ouvre la journée et invite l’assemblée à entrer d’emblée dans le sujet prévu. Gaëtan Baillargeon, théologien et liturgiste, directeur de l’Office national de liturgie, imprégné de l’esprit de la première journée du Triduum pascal, évoque le double sentiment caractéristique du Vendredi Saint : sobriété et gravité sans tristesse d’une part et victoire sereine d’autre part. « C’est par le bois de la croix que la joie est venue dans le monde ». La liturgie du Vendredi Saint n’est donc pas pénitentielle, ni ce jour, un temps de deuil. Le rouge indique le martyre de Jésus.

Après une présentation historique, le conférencier appuie sur l’élément central de son propos : le récit de la Passion. Il rappelle l’omniprésence du silence, indispensable pour intérioriser le mystère célébré. Pour terminer, il ajoute un mot sur le Chemin de la croix, bien populaire en certains endroits, et souvent utilisé comme un temps de catéchèse.

Suite à ce premier exposé, Jean-Michel Dieuaide, musicologue et compositeur français, ex-maître de chapelle de la cathédrale Notre-Dame de Paris, appuie et complète la présentation de l’abbé Baillargeon. Il démontre comment la célébration du Jeudi Saint, fête de la lumière, conduit au silence du Vendredi.

Le chant de communion du Jeudi Saint peut aussi devenir une cheville entre les deux journées. En homme d’expérience, il insiste sur le silence-qualité-d’être et non pas absence-de-son. Il éveille aussi l’attention sur « le silence pour les yeux » : que le visuel ne pollue pas l’oreille ! Il invite aussi à la prudence : que la vision non morbide du Vendredi-Saint n’appelle pas non plus au spectacle ! Appuyé par des documents sonores, le musicien fait entendre différents chants exécutés dans une grande simplicité et beauté.

Un moment de célébration autour de la croix du Christ et présidé par l’abbé Baillargeon a ensuite lieu dans la crypte de la cathédrale à la lueur de chandelles, et permet à chacun chacune de louer le Christ et d’exprimer la grandeur de la croix glorieuse.

Les chants animés par la Scola Laudem, sous la direction Alain Duguay, font goûter et vivre un moment intense d’intériorité.

À la suite du dîner préparé par les bons soins d’Aurelia Calabrese, un temps est prévu pour remplir le sondage Laudem 2007, afin de vérifier les intérêts des membres et prévoir le 20ème anniversaire, en 2010.

En après-midi, Jean Michel Dieuaide présente, après l’assemblée générale des membres, un répertoire pour le Vendredi Saint avec la participation de la Scola Laudem et l’organiste Régis Rousseau. Il donne le sens des Impropères - une forme litanique évoquant les reproches que Dieu fait à son peuple – et du psaume 30, qu’il présente dans une intéressante version pouvant être utilisée sous forme de canon.

Une attention particulière est apportée au chant de la Passion selon saint Jean, où il est suggéré de ponctuer la lecture de la Passion par un beau refrain de Philippe Robert pour favoriser la méditation et l’intériorisation. Peu de chants sont nécessaires à cette célébration, signale-t-il, il suffit de faire un choix soigné, guidé par l’atmosphère à créer durant cette journée. « Depuis le jour du sang versé, vous savez bien que tout est grâce. »

Pour terminer la journée, un court-métrage intitulé « Jeunes musiciens d’Église » produit par Jour du Seigneur-France émerveille les participants et redonne espoir. Il est fort heureux de constater combien de jeunes musiciens allient musique et liturgie dans un esprit de créativité et d’innovation. Une bouffée d’air frais pour tous les musiciens liturgiques d’aujourd’hui et de demain.

À l’an prochain !

Paulette Gagné

Conférence de Dominique Joubert le 14 mars 2007 :
la musique en liturgie: toute sa place, rien que sa place

LAUDEM, L’Association des musiciens liturgiques du Canada, a présenté une conférence de Dominique Joubert, organiste titulaire de la cathédrale de Valence (France), le mercredi 14 mars 2007.

L’organiste français Dominique Joubert se produit régulièrement en concert au Québec depuis quelques années. Il est professeur d’orgue au conservatoire de musique de Valence et compositeur de musique sacrée. Également diacre permanent pour le diocèse de Valence, il réalise des enregistrements et prononce des conférences. 

Au cours de sa présentation montréalaise intitulée « La musique en liturgie: toute sa place, rien que sa place », Monsieur Joubert a proposé une réflexion sur la mise en place de repères musicaux pour l’Église de demain, à la lumière de quarante ans d’expérience de réforme liturgique selon le Concile Vatican II. Le conférencier a étudié les différentes interventions musicales de la messe en montrant l’équilibre et les liens mystérieux qui tissent les diverses composantes liturgiques. Il s'est appuyé sur cette déclaration de Joseph Samson : "Si le choeur, quel qu'il soit, n'introduit pas à l'office plus de vie spirituelle, que le choeur se taise. Si le chant du choeur n'est pas pour les fidèles une nourriture, du pain... que le choeur sorte. Si le chant des fidèles n'apporte pas à l'office plus de vie spirituelle, que les fidèles se taisent. Tout chant dont la valeur expressive n'égale pas celle du silence est à proscrire." (Congrès International de Musique sacrée, 1957).

Compte-rendu

Journée d’étude 2006 de LAUDEM

Autour des rites et des musiques de la Vigile pascale

Habituée depuis plusieurs années à tenir sa Journée d'étude dans le cadre champêtre de l’abbaye cistercienne Notre-Dame-du-Lac d’Oka, LAUDEM a dû, cette année, renoncer à y tenir ses assises, les moines d’Oka étant occupés par leur déménagement prochain dans la région de Lanaudière. L’événement a donc eu lieu au monastère Saint-Albert-le-Grand des Pères dominicains, situé sur le chemin de la côte Sainte-Catherine, en plein coeur de Montréal. Dans ce cadre urbain, une cinquantaine de participants se sont réunis, le lundi de l'Action de grâce 9 octobre, pour réfléchir autour du thème Plein-feux sur la veillée pascale.

Les participants, qui ont souvent été appelés à traiter de sujets aux enjeux plus généraux par le passé, ont abordé pour la première fois dans l'histoire de l'association, cette année, un type spécifique de célébration liturgique. Les activités de cette journée d'étude ont été animées par :

La journée a commencé par une courte allocution du père André Descôteaux, o.p., qui a souhaité la bienvenue aux participants et s’est dit heureux d’accueillir LAUDEM pour une journée au thème si important. Mgr Paul-André Durocher prononça ensuite son exposé intitulé O vere nox ! O nuit de vrai bonheur ! La vigile pascale, coeur de l'année, coeur de la foi. Dans une présentation très vivante, émaillée d'anecdotes savoureuses, il a d'abord retracé sa propre expérience de quelques vigiles pascales particulièrement significatives, en commençant par celles de ses années de séminariste, dans les années 1970. Il a ensuite évoqué celles de ses premières années de prêtrise dans des millieux plus modestes quant aux ressources musicales. Il a confié avoir découvert que le sens de cette célébration se déployait d'une manière idéale lorsque jumelée au rituel de l'initiation des adultes (baptême). Mgr Durocher a ensuite proposé un survol de l'évolution du rite de la veillée pascale depuis l'aube du christianisme jusqu'à sa pleine réhabilitation par Pie XII, en 1951.

En examinant ensuite en détail le texte de l'Exultet — proclamation par excellence du mystère de la résurection —, Mgr Durocher a révélé en quoi la veillée pascale, bien plus qu'une simple célébration parmi tant d'autres, constituait en réalité le noyau à partir duquel rayonne l'année liturgique tout entière. S'adressant à un auditoire de musiciens, Mgr Durocher, lui-même bachelier en musique et excellent chanteur, a tenu à partager certaines de ses convictions sur la mise en oeuvre musicale de quelques-uns des rites de la veillée pascale, propos dont la teneur allait accompagner la réflexion des participants durant le reste de la journée (on lira avec profit la transcription de l'allocution de Mgr Durocher dans le nº 34 de la revue LAUDEM).

Après ce subtantiel exposé, les participants se sont rassemblés à l’église du couvent pour participer à une louange psalmique. La célébration a été présidée par l’évêque conférencier, assisté du père Jean-Claude Crivelli ; elle a été animée par la Schola Laudem d’Alain Duguay et accompagnée à l’orgue par Olivier Godin. L'évangile qui y a été proclamé, relatant la visite des disciples au tombeau du Christ (Jean 20, 1-9), touchait au coeur même de la réflexion qui animait les participants.

On a ensuite assisté à un atelier intitulé La place de l'hymne : lieu et non-lieu, donné par Sylvain Caron et Jean-Claude Crivelli. Ceux-ci ont initié leurs auditeurs à quelques aspects de la facture textuelle, poétique et musicale de l'hymne, ainsi qu'à l'art de sa mise en oeuvre en situation paroissiale. L’atelier a, en quelque sorte, offert l’occasion du lancement de la toute dernière production discographique de LAUDEM, Heureux qui vient au jour : les participants ont chanté et écouté quelques exemples récents qui figurent sur le CD et qui sont tirés du catalogue des Éditions Laudem.

Après l'assemblée générale annuelle des membres de LAUDEM, l’activité Que savons-nous du Triduum pascal ? démontra que l'on peut traiter de choses fort savantes dans une ambiance tout à fait ludique. En effet, ce jeu-quiz, mené par Jean-Pierre Couturier et Hélène Dugal, permit aux participants de tester leurs connaissances sur la Semaine Sainte en particulier, et sur la liturgie en général. Les gagnants du jeu ont été MM Paul Cadrin et Robert Mager, de Québec, ainsi que le père André Descôteaux, o.p., de Montréal.

Enfin, l’atelier-découverte Un répertoire neuf pour la veillée pascale, conduit par Pierre Grondines, fut l'occasion de prendre connaissance de parutions relativement récentes et trop peu connues touchant à la célébration du Samedi Saint. Un chant pour le feu pascal, un Exultet, une formule pour le psaume 117, une cantillation de l'Évangile, ainsi qu’une litanie des Saints ont été présentés. Chaque pièce a été illustrée par la Schola Laudem, puis soumise à l'évaluation des participants, quant à ses qualités musicales et textuelles, ainsi qu'à sa convenance rituelle. L’exercice a permis des discussions animées et nourries.

PG, Québec, le 30 janvier 2007

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Compte-rendu

Journée d’étude 2005 de LAUDEM

Soixante musiciens liturgiques explorent le fabuleux héritage de Joseph Gelineau

LAUDEM, le regroupement d’organistes liturgiques fondé à Montréal, en 1990, désigne maintenant l’Association des musiciens liturgiques du Canada. LAUDEM compte dorénavant non seulement des organistes parmi ses membres, mais aussi des chefs de chœur, des choristes, des chantres, des compositeurs.

Pour célébrer son 15 anniversaire, LAUDEM avait choisi de consacrer sa Journée d’étude annuelle à Joseph Gelineau. L’événement a eu lieu à l’Abbaye cistercienne Notre-Dame-du-Lac d’Oka et a rassemblé plus de soixante participants. Il s’agissait, pour mieux connaître les idées-maîtresses de l’homme et certains volets de son œuvre, de profiter de la publication de l’ouvrage de Philippe Robert : Joseph Gelineau, pionnier de la musique liturgique en français (cf. recension par Alain Duguay, Liturgie, Foi et Culture, vol. 39, nº 183, Automne 2005)

Outre le Belge Philippe Robert, musicologue et compositeur, avaient été invités à cette journée le Suisse Jean-Claude Crivelli (directeur du Centre romand de pastorale liturgique et directeur liturgique de LAUDEM), Paul Cadrin (musicologue, Université Laval, Québec) et Robert Miron (chef de chœur, Cornwall, Ontario).

Conférencier en matinée, Philippe Robert a rappelé que Joseph Gelineau a consacré sa vie à rechercher et à remettre en valeur les formes traditionnelles du chant en liturgie. Le père Gelineau a toujours insisté sur le chant des dialogues et des acclamations dans l’ensemble de la célébration eucharistique, convaincu que c’est l’action liturgique dans son aspect rituel qui donne sens à la musique liturgique. « A quoi sert tel chant dans la liturgie ? Quel geste rituel doit-il accompagner  ou constitue-t-il en lui même ? »

L’étude et le respect de la Tradition sont un second aspect important de l’œuvre de Joseph Gelineau : celui-ci s’est toujours attaché à étudier la musique liturgique qui l’avait précédé — essentiellement le chant grégorien — et s’en est inspiré dans ses propres compositions.

Au cours de son exposé, M. Robert a souligné que par sa composition de psaumes, J. Gelineau renouait avec les processionnaux de la liturgie latine : Introït, Offertoire, Communion. L’étude de la Tradition lui aura également fait redécouvrir les anaphores (Prières eucharistiques) orientales et la place de la musique au sein de celles-ci.

Le conférencier a enfin montré que Gelineau est à la base de la redécouverte de l’hymne en langue française : encore aujourd’hui, un grand nombre de ses hymnes font partie du répertoire des assemblées paroissiales ou monastiques.

La table ronde qui a suivi portait sur l’actualité de ce fabuleux héritage : à partir d’exemples tirés du répertoire Gelineau et exécutés par les participants, un débat s’est engagé entre les personnes invitées, à savoir si ces formes peuvent fonctionner dans la liturgie en français et à quelles conditions, à savoir si la distance serait insurmontable entre ces formes et la musique produite quotidiennement dans nos sociétés occidentales, à savoir enfin comment les musiciens peuvent convaincre les responsables de nos célébrations de la nécessité de s’approprier de telles formes.

En milieu de journée, une louange psalmique, tissée d’œuvres de Gelineau, rassembla les 65 participants à l’église abbatiale.

En après-midi, la schola LAUDEM, conduite par Alain Duguay, a interprété quelques pièces plus développées de Gelineau (Psaume 84 – Amour qui planais sur les eaux) qui amenèrent des discussions nourries et passionnées sur ces œuvres elles-même ou leur pertinence dans nos célébrations actuelles.

HD, Montréal, le 20 octobre 2005

Ci-dessous : le Conseil d'administration de Laudem a tenu à souligner
de manière particulière le 15e anniversaire de l'Association.

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